décembre 16, 2019

Réflexions sur les politiques contre le changement climatique

La science sur le changement climatique est claire. Les scientifiques savent que la Terre se réchauffe et que les humains en sont la cause. Nous savons aussi que la Terre continuera de se réchauffer à l’avenir, mais nous pouvons y faire quelque chose. Nous sommes conscient que nous pouvons changer radicalement la trajectoire.

Si la science est si claire, pourquoi y a-t-il encore tant de gens qui ne l’acceptent pas ? Pourquoi y a-t-il tant de gens qui essaient de nier les preuves ? Eh bien, le pourquoi est quelque chose que je vais essayer d’expliquer ici. Je veux décrire où en sont les choses, telles que je les vois. 

Pour diverses raisons, l’acceptation des raisons liées au réchauffement climatique s’effondre selon des lignes idéologiques de ceux qui les étendes.

Tout d’abord, une majorité de personnes dans tous les États américains pensent, par exemple, que l’Accord de Paris est une bonne chose, que les États-Unis devraient y participer. Il s’avère cependant que les études sur le réchauffement climatique sont mieux acceptées et que l’importance de l’action sur les côtes (Californie, Oregon, Washington, New York, etc.) est plus important. Il y a des exceptions à cette règle, mais je généralise.

Il s’avère également que plus votre politique est libérale, plus vous avez de chances d’accepter ses effets et les solutions. Sur le plan politique, les résultats sont stupéfiants. La grande majorité des électeurs démocrates et indépendants sont favorables à ce projet. Il est intéressant de noter que les petites majorités, même parmi les républicains conservateurs, sont favorables à un projet de réforme pour l’amélioration du climat.

Il y a d’autres corrélations. Par exemple, plus quelqu’un est religieux, particulièrement conservateur, plus il est susceptible de douter ou de nier les faits. Mais encore une fois, c’est une généralisation et il y a des exceptions. En fait, certains chefs religieux sont devenus des chefs de file de l’action pour le climat. Le meilleur exemple est peut-être celui du pape François. Maintenant, je ne dis pas que les conservateurs ne sont pas aussi intelligents que les libéraux, je souligne simplement que certaines idéologies politiques et religieuses correspondent à des points divergents sur le réchauffement climatique.

Les corrélations ne s’arrêtent pas là. Un travail extrêmement important sur les motivations sous-jacentes des personnes qui nient la réalité du changement climatique a été réalisé par la Dre Naomi Oreskes dans son livre (et son film) Merchants of Doubt. L’une de ses principales conclusions est que le déni sur le fait que les changements climatiques soient d’origine humaine est motivé par la méfiance des gens à l’égard du gouvernement et des solutions gouvernementales à un problème, particulièrement lorsque ces solutions peuvent empiéter sur les libertés individuelles.

S’il existe une relation claire entre les connaissances d’un scientifique sur le changement climatique et sa compréhension de l’influence humaine, une telle relation n’est pas apparente pour le grand public. Donc, si vous cherchez loin pour trouver un scientifique qui prétend que les humains n’ont pas une influence majeure sur le climat, il est très probable que ce scientifique ne connaisse pas très bien le sujet, qu’il ne travaille pas beaucoup dans ce domaine ou qu’il ai des antécédents de recherches erronées.

Inversement, les scientifiques qui acceptent le point de vue consensuel sont plus susceptibles de publier plus, de faire plus de recherches et d’en savoir simplement plus. Cependant, si vous parlez aux gens dans la rue, cette vue s’effondre. Je le vois dans mes propres interactions avec les gens. Je rencontre souvent des gens qui ont une assez bonne connaissance de ceux que disent les scientifiques sur le sujet, mais qui ne tiennent pas compte des effets. Ou encore, des gens qui en savent très peu sur ce domaine, mais qui l’acceptent pleinement. Ce qui m’étonne le plus, c’est où tout cela nous laisse. Donald Trump a annoncé que l’Amérique se retire du traité de Paris sur le climat. À mon avis, il aurait mieux valu que nous respections l’accord pour ne pas nous saboter de l’intérieur. Mais seul l’avenir le dira.

Mais revenons là où ça nous mène. La situation aux États-Unis et dans le monde est telle que certains pays et certains groupes politiques se sont inextricablement alignés sur l’un ou l’autre aspect de cette question. Par exemple, aux États-Unis, le déni que le changement climatique soit causé par des action d’origine humaine est devenu un test décisif pour les candidats républicains. Il en va de même dans d’autres pays. C’est une véritable tragédie parce que les républicains ne veulent pas polluer la planète. Ils ne veulent pas tout gâcher pour les générations futures. Mais c’est exactement ce qu’ils font en niant catégoriquement la réalité sur les changements climatiques.

D’un point de vue politique, si nous pensons aux bêtises du président Trump et à l’impact qu’elles auront sur le monde, la seule chose dont on se souviendra peut-être le plus est son inaction regardant le climat. Les changements climatiques auront des conséquences à très long terme dont nous nous occuperons longtemps après sa disparition. Longtemps après que d’autres questions comme l’immigration, l’économie, la dette, l’emploi, le terrorisme ou de nouveaux mots comme « covfefe » aient disparu de nos esprits, les implications de nos effets sur le climat vont persister. Franchement, aucun défi auquel nous sommes confrontés (sauf peut-être une guerre nucléaire potentielle) ne présente des conséquences aussi importantes que celles du changement climatique.